T. SUPPLIE

Prothèses complètes, partielle et bridge sur implants

Édentements encastrés : édentements de classe III de Kennedy-Applegate

Dans ce cas, le châssis prothétique s'inscrit parfaitement à l'intérieur de l'aire de sustentation (fig. 17).fig17 Les bras de levier et les bras de stabilisation s'équilibrent mutuellement. Toutes les dents remplacées se trouvant à l'inté­rieur du polygone de sustentation, la stabilité prothétique est maximale et donc, dans ce cas précis, l'adjonction d'appuis indirects présente peu d'in­térêt (fig. 18).fig18

L'adjonction d'un élément de réten­tion indirecte peut cependant, dans certains cas cliniques, permettre la réa­lisation de châssis évolutifs lorsque la perte d'un ou de plusieurs appuis den­taires postérieurs est prévisible, perte transformant la classe III en classe I ou en classe II.

Édentements de classe IV de Kennedy-Applegate

Cette classe regroupe les édente­ments intercalaires antérieurs répartis de part et d'autre de l'axe médian de l'arcade. Ce sont des édentements qui n'entrent pas dans le cadre classique de l'élaboration d'une prothèse amo­vible partielle dans la mesure où les dents prothétiques sont systéma­tiquement en dehors de l'aire de sustentation de la prothèse (fig. 19).fig19 En effet, du fait de la courbure de la crête sur un plan horizontal, les dents prothétiques sont placées en dehors des points d'appui, la selle faisant alors office de levier.

La particularité de la classe IV tient au fait que la rétention indirecte doit contrebalancer les forces de déstabilisation générées lors de la mastication d'aliments collants (comme pour les autres classes), mais également lors de la masti­cation et, surtout, lors de l'inci­sion des aliments. La stabilisation du châssis pour ce type d'édentement impose une multiplication des bras de rétention du fait des forces importantes développées en porte-à-faux lors de la mastication d'aliments durs et de l'importance du bras de levier lors de la mastication d'aliments collants [22].

Mastication d'aliments durs

Le bras de charge maximal (LC) est déterminé par la distance entre :

-  le point interincisif ;
-  l'axe de rotation principal de la pro­thèse qui passe par les appuis occlu- saux les plus mésiaux.

Pour diminuer ce bras de charge, on doit placer les appuis occlusaux en bordure d'édentement.
Pour optimiser le bras de stabilisa­tion LS qui va contrer LC, on privilé­gie le point d'application le plus éloigné possible de l'axe de rotation, c'est-à- dire le point d'application le plus pos­térieur possible. C'est pourquoi, dans ce type d'édentement, on recom­mande systématiquement de posi­tionner les points de rétention les plus distaux possibles (fig. 20).fig20

Mastication d'aliments collants

Le bras de levier (LV) est déterminé par l'axe passant par les points de rétention les plus mésiaux, d'où la nécessité de positionner les points de rétention les plus proches possibles de la zone édentée (fig. 21 et 22).

fig21   fig22

Par ailleurs, le praticien ne doit pas oublier le recourt possible aux plans de guidage. Ces surfaces axiales, linguales et proximales majorent considérable­ment la stabilisation prothétique (fig. 23).fig23 Quel que soit le type d'éden­tement considéré, les surfaces de gui­dage sont toujours des moyens de lutte efficaces contre la rotation des selles en direction occlusale. Améliorant la rétention par friction, leur emploi est cependant limité aux cas cliniques où l'axe d'insertion de la prothèse est stric­tement perpendiculaire au plan d'oc­clusion [23].
En dernier lieu, lorsque la flèche anté­rieure décrite par la courbure de l'ar­cade est importante, la conservation de racines dentaires situées en avant de l'axe de rotation peut aider à assu­rer la rétention indirecte de la prothèse en augmentant considérablement la surface du polygone de sustentation et en réduisant, de ce fait, le porte-à- faux [24].

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