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Conception des châssis métalliques pour prévenir les mouvements de bascule des prothèses amovibles partielles

Stellite

En prothèse amovible partielle, les doléances des patients concernent essentiellement les pertes de stabilité de leurs prothèses lors de la mastication. Quel que soit le type d'édentement traité, la prothèse a toujours tendance à se mobiliser par rapport aux dents supports. Ces mouvements prothétiques, largement décrits dans la littérature, sont multiples : translations verticales, translations mésio-distales ou disto-mésiales, rotation dans un plan horizontal, rotation autour de l'axe de la crête, rotation autour d'un axe vertical, etc..

Mais les plus gênants lors de la fonction masticatrice restent les mouvements de rotation autour de l'axe passant par les dents bordant le ou les secteurs édentés. Ces mouvements de déstabilisation prothétique se manifestent dans deux situations fonction nettes très différentes : lors de la mastication d'aliments durs et lors de la mastication d'aliments collants.

Lors de la mastication d'aliments durs en raison de l'enfoncement des selles dans la fibromuqueuse : on rejoint ici le problème de la dualité tissulaire, la prothèse étant supportée à la fois par les dents restantes et par la fibromuqueuse recouvrant les crêtes. Les dents ont un déplacement axial de l'ordre de 0,1 mm alors que la même contrainte occlusale transmise par les selles à la fibromuqueuse détermine une trajectoire comprise entre 0,4 et 2 mm. La différence de rénitence et d'amplitude de dépressibilité de ces structures induit des mouvements de rotation de la prothèse lors de la fonction si cette dualité tissulaire n'est pas prise en compte par le clinicien.

Lors de la mastication d'aliments collants en raison du décollement de la prothèse de ses surfaces d'appui : le rôle du praticien est de concevoir un châssis qui, par son tracé, doit compenser ces forces déstabilisatrices ou, à défaut de les compenser, les réduire autant que possible.

Quel que soit le type d'édentement traité, la démarche analytique reste inchangée et il est indispensable de déterminer :

  1. l'aire de sustentation de la prothèse délimitée par des points d'appui muqueux controlatéraux, plus antérieurs que la plus antérieure des dents prothétiques et plus postérieurs que la plus postérieure des dents prothétiques ;
  2. l'axe t ; le bras de levier maximal qui tend à déstabiliser le système ;
  3. le bras de stabilisation souhaitable en positionnant le plus judicieusement possible les éléments de rétention indirecte.

Pour chacun des différents édentements types, l'analyse raisonnée des bras de levier et des bras de stabilisation permet d'optimiser les rapports de force et, par là même, d'optimiser le tracé du châssis. C'est l'objectif de cet article qui se limite volontairement à un aspect purement biomécanique de la conception du châssis métallique.