Fil de navigation

Édentements encastrés : édentements de classe IV de Kennedy-Applegate

Cette classe regroupe les édentements intercalaires antérieurs répartis de part et d'autre de l'axe médian de l'arcade. Ce sont des édentements qui n'entrent pas dans le cadre classique de l'élaboration d'une prothèse amovible partielle dans la mesure où les dents prothétiques sont systématiquement en dehors de l'aire de sustentation de la prothèse (fig. 19).En effet, du fait de la courbure de la crête sur un plan horizontal, les dents prothétiques sont placées en dehors des points d'appui, la selle faisant alors office de levier.

Édentement de classe IV : les dents prothétiques sont en dehors de l'aire de sustentation de la prothèse.
Édentement de classe IV :
les dents prothétiques sont en dehors
de l'aire de sustentation de la prothèse

La particularité de la classe IV tient au fait que la rétention indirecte doit contrebalancer les forces de déstabilisation générées lors de la mastication d'aliments collants (comme pour les autres classes), mais également lors de la mastication et, surtout, lors de l'incision des aliments. La stabilisation du châssis pour ce type d'édentement impose une multiplication des bras de rétention du fait des forces importantes développées en porte à faux lors de la mastication d'aliments durs et de l'importance du bras de levier lors de la mastication d'aliments collants.

Mastication d'aliments durs

Le bras de charge maximal (LC) est déterminé par la distance entre :

  • le point interincisif ;
  • l'axe de rotation principal de la prothèse qui passe par les appuis occlusaux les plus mésiaux.

Pour diminuer ce bras de charge, on doit placer les appuis occlusaux en bordure d'édentement. Pour optimiser le bras de stabilisation LS qui va contrer LC, on privilégie le point d'application le plus éloigné possible de l'axe de rotation, c'est-à- dire le point d'application le plus postérieur possible. C'est pourquoi, dans ce type d'édentement, on recommande systématiquement de positionner les points de rétention les plus distaux possibles (fig. 20)

Mastication d'aliments durs : détermination du bras de stabilisation optimal LS. On choisit les points de rétention les plus distaux possibles.
Mastication d'aliments durs :
détermination du bras de stabilisation optimal LS.
On choisit les points de rétention les plus distaux possibles

Mastication d'aliments collants

Le bras de levier (LV) est déterminé par l'axe passant par les points de rétention les plus mésiaux, d'où la nécessité de positionner les points de rétention les plus proches possibles de la zone édentée (fig. 21 et 22).

Mastication d'aliments collants : on choisit les points de rétention les plus proches possibles de la zone édentée.Exemple de châssis pour une classe IV.
Fig:21 et Fig:22

Par ailleurs, le praticien ne doit pas oublier le recourt possible aux plans de guidage. Ces surfaces axiales, linguales et proximales majorent considérablement la stabilisation prothétique (fig. 23). Quel que soit le type d'édentement considéré, les surfaces de guidage sont toujours des moyens de lutte efficaces contre la rotation des selles en direction occlusale. Améliorant la rétention par friction, leur emploi est cependant limité aux cas cliniques où l'axe d'insertion de la prothèse est strictement perpendiculaire au plan d'occlusion. En dernier lieu, lorsque la flèche antérieure décrite par la courbure de l'arcade est importante, la conservation de racines dentaires situées en avant de l'axe de rotation peut aider à assurer la rétention indirecte de la prothèse en augmentant considérablement la surface du polygone de sustentation et en réduisant, de ce fait, le porte à faux .

Majoration de stabilisation prothétique pour la réalisation de plans.
Fig:23 Majoration de stabilisation prothétique
pour la réalisation de plans.