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Réalisation de la plaque base

La plaque base peut être fabriquée en gomme laque (True base) avec des fils de renfort, mais plus fréquemment en résine afin d'obtenir un support rigide garant d'un enregistrement stable sans risque de déformation.
Après isolation du modèle avec un vernis séparateur plâtre-résine, la résine pour porte-empreinte (Ivolen de Vivadent) est préparée selon les indications du fabricant. Lorsqu'elle atteint sa phase plastique, elle est calibrée à l'aide d'une plaque et d'un rouleau vaselinés, puis déposée sur le modèle. De petites perforations sont alors réalisées avec la pointe d'une lame de bistouri sur la plaque de résine, ce qui permet une application de celle-ci sur le modèle sans création de bulles dans l'intrados du PEI. Ces perforations disparaissent lors de l'application, suivant une pression modérée, de la plaque de résine calibrée sur le modèle pour conserver une épaisseur régulière du matériau. Les surextensions grossières sont éliminées à la lame de bistouri avant le durcissement de la résine, puis la plaque base est retirée du modèle après polymérisation. Les imites du PEI apparaissent alors en Dositif dans l'intrados. Les excès sont corrigés par meulage en hauteur jusqu'aux limites, et enfin, l'épaisseur ies bords est réglée. Il est souhaitable que ces bords soient réguliers !t arrondis de manière à ne pas occasionner de blessures lors des différents réglages en bouche.

Au maxillaire

Dans les situations favorables, c'est à dire avec des crêtes peu résorbées, l'épaisseur des bords est plus importante dans les zones para-tubérositaires et au niveau molaire (2 à 3 mm) que dans les secteurs antérieurs (1 à 2 mm). Au niveau des insertions freinales, l'épaisseur est réduite à 1 mm (fig. 4).

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fig. 4 - Intrados du PEI maxillaire.

À la mandibule

Il est primordial d'exploiter les espaces neutres en contre-dépouilles, situés du côté des versants linguaux des trigones rétro molaires, en arrière des insertions musculaires du mylohyoïdien et en avant du muscle constricteur supérieur du pharynx. En effet, ces espaces enregistrés, musculature au repos, par l'empreinte primaire au plâtre peuvent être avantageusement utilisés pour améliorer la rétention et la stabilité prothétique (fig. 5). Le PEI est également ajusté à ce niveau, ce qui nécessite le fractionnement du modèle primaire et la réalisation d'un socle de repositionnement lorsque la contre dépouille est trop importante et n'autorise pas une désinsertion rotative antérieure (fig. 6). Par ailleurs, il doit être suffisamment épais dans cette zone pour permettre des corrections soustractives au dépens de l'intrados sans obtenir un bord mince sécant qui n'assurerait pas un soutien efficace du matériau d'empreinte.fig. 5 - Empreinte primaire mandibulaire au plâtre. Les versants linguaux des trigones rétromolaires, en contre-dépouille, sont correctement enregistrés.

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fig. 5 - Empreinte primaire mandibulaire au plâtre.
Les versants linguaux des trigones rétromolaires,
en contre-dépouille, sont correctement enregistrés

Le bourrelet de soutien

Il faut éviter tout manche ou queue de préhension susceptible de gêner le jeu fonctionnel de la musculature périphérique mais, au contraire, réaliser un bourrelet dont le rôle majeur est de préfigurer la future arcade dentaire dans le but d'offrir à la musculature les soutiens souhaités. Cela permet en effet d'enregistrer une limite fonctionnelle directement dirigée par ce soutien.
Ce bourrelet peut être fabriqué en résine ou en composition dure et, dans ce cas, des moyens de rétention permettent sa solidarisation à la plaque base (cavaliers ; encoches par rainurage et pâte de Kerr ; colle cyanoacrylate). Le Stent's blanc ou Godiva (Codental Atlantic) présente de nombreux avantages :

  • il se taille facilement au « cutter » ;
  • il s'abrase rapidement sur du papier de verre grâce à une dureté supérieure au Stent's rouge classique ;
  • sa couleur blanche aide à visualiser cliniquement la future situation des
    dents ainsi que le soutien esthétique

Ce matériau est facilement réchauffé à la flamme, modelé en forme de parallélépipède, puis positionné sur la plaque base de manière à présenter les caractéristiques suivantes:

Au maxillaire

Le bourrelet de soutien (fig. 7) :

  • préfigure l'arcade dentaire ;
  • est situé, postérieurement, sur l'axe de crête ;
  • est incliné, antérieurement, de 15°à partir du tiers vestibulaire de la crête (fig. 8) ;
  • présente une hauteur telle qu'il affleure le bord libre de la lèvre supérieure.

Cette dernière information est obtenue directement sur l'empreinte primaire grâce à l'emploi de porte-empreinte Cerpac (fig. 9) dont le manche en baïonnette facilite un repositionnement parfait et sans contrainte de la lèvre dans une position proche du repos (fig. 10). De plus, le versant externe du manche étant gradué, la hauteur souhaitable à donner au bourrelet est donc facilement déduite.

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Fig.7 Extrados du PEI maxillaire. Le bourrelet de soutien
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fig. 8 - Vue latérale du PEI maxillaire,
préfigure la situation de l'arcade dentaire
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fig. 9 - Porte-empreintes de série Cerpac
qui possèdent un manche en baïonnette gradué
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fig. 10 - Visualisation au-dessus du manche
de la situation de la lèvre au repos sur l'empreinte primaire.

À la mandibule

Le bourrelet de soutien (fig. 11 et 12) :

  • préfigure également l'arcade dentaire ;
  • est situé dans l'aire de Pound qui est l'espace compris entre la face distale de la canine et le bord externe du trigone, d'une part, et la face mésiale de la canine et le bord interne du trigone, d'autre part ;
  • est incliné dans sa partie antérieure de 5° par rapport au sommet de la crête et présente un profil lingual en double concavité, c'est à dire en forme de cuvette ;
  • présente, antérieurement, une hauteur légèrement inférieure au bord libre de la lèvre inférieure et correspondant postérieurement au 1/3 supérieur du trigone.
PEI mandibulaire avec un bourrelet préfigurant l'arcade dentaire situé dans l'aire de Pound  et qui offre ainsi un soutien optimal  à la musculature périphérique et linguale.
fig. 11 -PEI mandibulaire avec un bourrelet
préfigurant l'arcade dentaire situé dans l'aire de Pound
et qui offre ainsi un soutien optimal
à la musculature périphérique et linguale
PEI mandibulaire (vue latérale).  Le bourrelet est vertical ou légèrement incliné  dans sa partie antérieure. En postérieur, le niveau de sa face occlusale horizontale  atteint le tiers supérieur du trigone.
fig. 12 - PEI mandibulaire (vue latérale).
Le bourrelet est vertical ou légèrement incliné
dans sa partie antérieure.
En postérieur, le niveau de sa face occlusale horizontale
atteint le tiers supérieur du trigone.

Présentation finale du bourrelet

Le bourrelet du PEI doit présenter au final :

  • une rectitude dans les secteurs latéraux ;
  • une verticalité des parois dans les secteurs cuspidés et une inclinaison dans sa partie antérieure ;
  • une horizontalité occlusale ;
  • une épaisseur d'environ 4 mm dans les secteurs postérieurs, c'est à dire beaucoup plus étroite que la future arcade dentaire, afin de faciliter l'écoulement des excès de matériau d'empreinte sans créer de surépaisseur lors du surfaçage.

La finition est réalisée au papier de verre de granulométrie décroissante, puis le bourrelet est lissé rapidement à la flamme. Cet état de surface poli permet à la muqueuse de la musculature paraprothétique de glisser aisément sur ce dernier lors des mouvements fonctionnels demandés au patient.