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Réglage des bords du PEI à la mandibule

À la mandibule

Le réglage du PEI mandibulaire débute en vestibulaire et s’apparente à celui réalisé au maxillaire, c’est-à-dire en écartant délicatement à l’horizontale la lèvre inférieure et les joues avec un miroir d’examen pour repérer et corriger d’éventuelles Interférences de la limite de réflexion muqueuse avec le bord du porte-empreinte (fig. 12 et 13). Le patient est ensuite Invité à ouvrir la bouche au maximum tandis que les doigts du praticien maintiennent le PEI. Dans la région des poches de Fish, les bords disto-vestl-bulaires du porte-empreinte sont contrôlés de telle sorte qu’ils n’interfèrent pas avec les insertions et le libre jeu musculaire des fibres antérieures des muscles masséter et zygomatico-mandibulaire situé plus en dedans (fig. 13 et 14). Le contrôle se poursuit postérieurement au niveau destrigones qui doivent être recouverts sans comprimer ni entraver le passage du ligament ptérygo-mandibulaire. Ce dernier n’est en réalité qu’un repli fibreux correspondant à l’arête du dièdre formé par les muscles buccinateur et constricteur supérieur du pharynx. Toutes les surextensions repérées au niveau des zones incriminées sont corrigées par meulage.

Zones sollicitées par la traction des lèvres a l'horizontale
fig:12 Zones sollicitées par la traction des lèvres a l'horizontale
Zones vestibulaires de réglage du PEI :
fig. 13 - Zones vestibulaires de réglage du PEI :
en noir, zones risquant d’interférer avec la traction des lèvres à l’horizontale
et en pointillé, celles intéressant le buccinateur
en bleu ciel, zone intéressant le masséter.
Zones sollicitées lors d’une grande ouverture buccale
fig. 14 - Zones sollicitées lors d’une grande ouverture buccale

Plus délicat est le réglage des bords linguaux du PEI qui nécessite une bonne connaissance anatomo-physiologique et une certaine expérience. Dans le but d’effectuer correctement ce réglage, il est nécessaire de rappeler les travaux de Schrein-makers qui a décrit la façon dont se déplacent les lignes de tension du plancher de la bouche lors de l’activité musculaire de cette région (fig. 15). De la position de repos jusqu’à la contraction maximale avec protraction extrême de la langue, ces lignes de tension sont presque superposables dans la région antérieure jusqu’à la région des futures prémolaires. Elles divergent par contre fortement vers l’arriére à mesure que l’influence dominante antérieure du muscle génio-glosse, le plus puissant de la langue, s’amenuise.

Schéma des insertions mandibulaires des muscles génio-glosse

fig. 15 - Schéma des insertions mandibulaires des muscles génio-glosse
et mylohyoidien (d’après Schreinemakers).

Le plancher de la bouche est alors principalement, dans cette région plus postérieure, sous l’influence des forces développées par l'activité du muscle mylohyoïdien. Au repos, les faisceaux postérieurs de ce dernier sont en position basse ce qui correspond à la position enregistrée lors de l'empreinte primaire au plâtre et reproduite sur le modèle sur lequel est confectionné le PEI (fig. 16). Le réglage du porte-empreinte doit autoriser la position haute du plancher lors de l’ensemble des mouvements linguaux fonctionnels extrêmes. L’enveloppe de ces mouvements est sous la dépendance des possibilités de déplacement limite imposées par le bourrelet préfigurant l’arcade alvéolo-dentaire. Là encore, il est souhaitable de distinguer les situations cliniques fortement résorbées de celles présentant de bonnes surfaces d’appui. En effet, dans la première situation correspondant à des crêtes plates ou même négatives, les limites linguales du PEI devant permettre les mouvements extrêmes sont situées au niveau ou très légèrement en deçà des insertions musculaires situées au sommet de la crête. Par contre, dans les autres cas possédant un relief crestal favorable, les bords linguaux du PEI vont alors dépasser de façon variable la ligne mylohyoï-dienne (ligne oblique interne) à condition de respecter le cône fonctionnel d’activité et la tension musculaire du mylohyoïdien (fig. 17).

Représentation schématique des lignes de tension du plancher de la bouche
fig. 16 - Représentation schématique des lignes de tension du plancher de la bouche.
Près de l’apophyse géni, ces lignes sont très voisines.
Elles divergent ensuite vers l’arrière (d'après Schreinemakers).
Vue de la région postérieure du tracé du PEI mandibulaire.
fig. 17 - Vue de la région postérieure du tracé du PEI mandibulaire.
La limite du PEI passe au-delà de la ligne mylohyoïdienne
et en deçà de la ligne oblique externe.
musclesLangue-1
Muscles de la langue.L’angle de la mandibule, isolé par deux traits de scie
a été retourné et récliné en haut et en arrière.