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Réglage des bords du PEI à la mandibule suite

À la mandibule suite

Sur le plan pratique, quel que soit le cas, il est intéressant de réaliser une palpation digitale par l’intermédiaire des index, au niveau du versant lingual de l’ensemble de la table interne de la crête résiduelle, tout particulièrement dans la région des niches ré-tro-molaires, afin d’apprécier la tonicité musculaire ainsi que l’amplitude d'élévation du plancher buccal lors des mouvements linguaux extrêmes.

De nombreux auteurs ont décrit pour ces réglages des tests très élaborés et complexes alors qu’il est possible de les aborder cliniquement suivant une méthodologie simple, mais rigoureuse.

Le PEI étant maintenu en place dans la cavité buccale par une légère pression des index du praticien sur les bourrelets au niveau molaire, une série de mouvements fonctionnels linguaux est demandée au patient suivant une chronologie précise. L’analyse des sollicitations déstabilisantes ressenties lors de ces mouvements, associée aux informations fournies par la palpation guide la topographie des zones à retoucher au niveau des bords linguaux du PEI (fig. 18 et 19).

Visualisation des différentes zones du PEI mandibulaire sollicitéesVisualisation des différentes zones du PEI mandibulaire sollicitées

fig. 18 et 19 - Visualisation des différentes zones du PEI mandibulaire sollicitées lors des mouvements linguaux : en vert, lors du mouvement n°1 ; en noir, lors du mouvement n°2 ; en rouge, lors du mouvement n°3 ; en bleu foncé, lors de la déglutition.

Tout d’abord, une vérification de l’échancrure du bord du PEI autorisant un libre jeu du frein lingual est entreprise en bouche à l’aide d’un miroir d’examen. Ensuite, il est possible de résumer simplement à quatre mouvements linguaux, le réglage des bords linguaux du PEI :

  • mouvement n° 1 (fig. 18 à 20) : faire toucher, bouche ouverte, la papille rétro-incisive au palais avec la pointe de la langue. Cela provoque une élévation de l’ensemble du plancher buccal et, de façon prépondérante, dans la zone antérieure située en avant des molaires. L’importance du soulèvement du PEI laisse alors préjuger de l’ampleur des corrections à apporter dans cette zone ;
  • mouvement n°2 (fig. 18,19, 21) : faire exécuter des mouvements latéraux à la langue, c’est-à-dire placer la pointe de celle-ci à l’intérieur des joues à droite et à gauche. Si le PEI est mobilisé, les zones d’interférence sont alors situées au niveau des molaires, principalement du côté opposé au déplacement. En effet, les lignes de tension résultant de l’action de la musculature linguale impliquée dans ce mouvement sont plus basses et s’exercent avec moins d’intensité du côté du déplacement
  • mouvement n°3 (fig. 18,19, 22) : faire tirer la langue vers l’avant comme pour humecter la lèvre inférieure, puis la tirer au maximum à l’extérieur de la cavité orale.
Zones sollicitées lors du mouvement n°1
fig. 21 - Zones sollicitées lors du mouvement n°1
Zones sollicitées lors du mouvement n°2
fig. 21 - Zones sollicitées lors du mouvement n°2
Zones sollicitées lors du mouvement n°3
fig. 22 - Zones sollicitées lors du mouvement n°3
Zones sollicitées lors de la déglutition.
fig. 23 - Zones sollicitées lors de la déglutition.
Contrôle du réglage du PEI mandibulaire aux polyéthers
fig. 24 - Contrôle du réglage du PEI mandibulaire aux polyéthers.

Les corrections à apporter sont alors localisées :

- soit dans la région du frein lingual si celui-ci n’avait pas été suffisamment libéré ;

- soit dans les zones postérieures situées en arrière des dernières molaires, à proximité de l’angle disto lingual du PEI.

Enfin, le réglage de la partie distale des bords linguaux du PEI concerne surtout l’activité du constricteur supérieur du pharynx lors de la phase pharyngée de la déglutition (fig. 18, 19, 23). Le patient doit pouvoir déglutir sans gêne la salive et confirmer la stabilité du PEI lors de cette fonction. Cette manière de procéder permet de déceler et de corriger une éventuelle surextension ou surépaisseur importante. Cependant, le réglage précis de cette zone lors de la déglutition est difficile à apprécier. Il est préférable de laisser le PEI déborder le bord interne du trigone et éventuellement de contrôler l’absence d’interférence à l’aide d’un polyéther, en s’assurant de l’absence d’un bord laminé après polymérisation du matériau, sinon l'opération est à renouveler (fig. 24).Par la suite, ce sont surtout les qualités des matériaux d’empreintes qui sont exploitées grâce à des techniques d’empreintes adaptées. Les qualités spécifiques requises pour ces enregistrements sont une cinétique de prise relativement lente et linéaire permettant de faire renouveler l’ensemble des mouvements fonctionnels, y compris la déglutition, plusieurs fois. Les polysulfures ou les cires thermoplastiques à température buccale satisfont à ces impératifs.