Fil de navigation

Stellites cas particuliers

Dans le cas où très peu de dents subsistent sur l'arcade, c'est la position relative de ces dernières qui détermine la nécessité d'appliquer un appui dentaire ou non [25].

Deux situations totalement différentes peuvent se présenter :

les dents prothétiques se trouvent toutes du même côté de l'axe de rotation : l'appui dentaire est recommandé. C'est le cas fréquemment rencontré lorsque ne subsistent sur l'arcade que les deuxièmes molaires (fig. 27). L'appui dentaire distal est alors conseillé, associé à l'utilisation de crochets circulaires pour avoir les points de rétention les plus antérieurs possibles. Lors de la mastication d'aliments collants, la prothèse commence à se soulever, elle tourne autour de l'appui distal ; le bras du crochet se déplace vers la ligne guide et assure ainsi la rétention.

les dents prothétiques se trouvent de part et d'autre de l'axe de rotation : l'appui dentaire est à proscrire.L'exemple le plus fréquent est celui des arcades où ne subsistent que les deux canines. Des appuis classiques tels que des appuis occlusaux sur les dents restantes impliquent un mouvement réciproque de bascule. Si la charge se produit sur la selle antérieure, la prothèse bascule vers l'avant.Si la charge se produit sur la selle postérieure, la prothèse bascule vers l'arrière. En supprimant les appuis occlusaux classiques et en privilégiant sur les dents supports des couronnes fraisées avec surfaces de guidage, on élimine l'axe de rotation principal de la prothèse.

Les dents prothétiques se trouvent toutes du même côté de l'axe de rotation : l'appui dentaire est recommandé.
Fig: 27 Les dents prothétiques se trouvent toutes
du même côté de l'axe de rotation :
l'appui dentaire est recommandé.

Conclusion

Lors des différentes sollicitations fonctionnelles, la prothèse amovible partielle se comporte comme un système de leviers : elle reçoit des efforts au niveau des faces occlusales des dents prothétiques, efforts qu'elle transforme, tant en intensité qu'en direction, avant de les retransmettre aux différents tissus supports.

Les leviers engendrés dépendent à la fois :

  • des axes de rotation, donc du positionnement des appuis dentaires et des extrémités rétentrices des crochets ;
  • des points d'application des forces déstabilisantes, donc du montage des dents prothétiques ;
  • des points d'application des forces de résistance, donc du positionnement et de la conception des éléments de rétention directe et indirecte mais aussi des plans guides.

Ainsi, la compréhension du déplacement de la prothèse amovible partielle durant la fonction masticatrice (qu'il s'agisse d'aliments durs ou collants) permet d'en améliorer le tracé. Seule l'analyse raisonnée des bras de levier et des bras de stabi­lisation assure l'optimisation des rapports de force et la réduction des mouvements de bascule de la prothèse.

Cependant, si la notion de rétention indirecte est parfaitement intégrée dans le tracé des prothèses de classes I et II, ce n'est encore que trop souvent peu le cas pour les classes IV et V.

Du fait même de sa nature, la prothèse amovible partielle ne pourra, certes, jamais rivaliser avec l'assurance d'immobilité que confère au patient la prothèse fixée mais, grâce à l'optimisation du tracé, le praticien doit être en mesure de délivrer à son patient une prothèse « fiable » ou, autrement dit, une prothèse qui ne puisse être désinsérée que par la volonté de ce dernier.