PEI ajusté des cas fortement résorbé

par | Sep 12, 2013 | Conception PEI prothèse complète Laboratoire | 0 commentaires

Critères spécifiques des PEI ajustés des cas fortement résorbés

L’espérance de vie étant plus longue, les praticiens rencontrent de plus en plus souvent des sujets éden-tés de longue date, porteurs de prothèses inadaptées et arrivant à des niveaux de résorption très importants (fig. 13). Ces patients, au psychisme souvent fragilisé par leur aspect et une fonctionnalité amoindrie de leur prothèse, souhaitent retrouver la fonction masticatoire perdue, mais aussi, améliorer l’esthétique de leur visage. Le but de la prothèse sera donc le rétablissement de la fonction mais également la restauration esthétique de tout l’étage inférieur de la face -fig. 13 Cas fortement résorbé sans ses prothèses en bouche (iconographie M. Navarro) (fig. 14).
Cas fortement résorbé  sans ses prothèses en bouche
fig. 13 – Cas fortement résorbésans ses prothèses en bouche
Même cas avec ses prothèses en bouche
fig. 14 – Même cas avec ses prothèses en bouche
Chez l’ édenté total, les états de forte résorption résultent d’un phénomène à caractère centripète au maxillaire et centrifuge à la mandibule (fig. 15 et 16). Cela aboutit, dans les cas extrêmes, à une crête édentée mandibulaire qui circonscrit entièrement en projection horizontale la crête édentée maxillaire, établissant ainsi un rapport de crête analogue à celui d’une classe III de Balard ou promandibulie. L’objectif à atteindre rend particulièrement délicate la réalisation des empreintes maxillaire et mandibulaire ainsi que l’élaboration du montage des dents prothétiques. Il est alors nécessaire de compenser les effets de la résorption considérable par la réalisation d’une prothèse maxillaire comportant des bords épais établis sans surextension ni surépaisseur, construite à partir d’un PEI spécifique (fig. 17). Le rétablissement de l’esthétique constitue le seul guide valable pour replacer les tissus para prothétiques dans leur position physiologique d’origine], Cette manière de procéder permet :
  • d’augmenter de façon importante la surface de sustentation et d’élargir ainsi considérablement le polygone de sustentation prothétique ;
  • de monter les dents prothétiques à l’extérieur de la crête résiduelle, ce qui (fig. 18) :
  • évite les montages en articulé inversé inesthétiques qui sont, de plus, générateurs d’une résorption accrue et occasionnent des morsures de langue ou de joues ;
  • fournit à la langue un espace vital important par l’amplitude donnée à l’arcade supérieure, permettant ainsi de s’attacher sa complicité.
En effet, celle ci est invitée à se placer dans le berceau lingual en double concavité, aménagé au niveau de l’extrados de la prothèse mandibulaire en vue de sa stabilisation. Au stade de l’empreinte primaire maxillaire, dans ces cas particuliers de forte résorption, le porte-empreinte du commerce choisi doit être d’une taille supérieure à l’arcade résiduelle et correspondre approximativement à la forme de l’arcade avant qu’elle ne subisse le phénomène de résorption , L’empreinte primaire mucostatique est alors réalisée suivant une technologie largement décrite et dans laquelle le porte empreinte du commerce est considéré comme un porte matériau. Celui-ci joue non seulement un rôle déflecteur en maintenant à distance les organes paraprothétiques dans une position voisine du repos, mais surtout, il permet de retrouver un soutien esthétique facial compensant l’effondrement labial et jugal (fig. 19).L’épaisseur des bords obtenus sur l’empreinte primaire maxillaire est reproduite sur le modèle (fig. 20).
Schéma dans le plan sagittal du sens d'évolution de la résorption. Le sommet de la crête se déplace en hauteur et vers l'arrière au maxillaire. Le sommet de la tubérosité migre vers l'avant. À la mandibule, le sommet de la crête s'abaisse.
fig. 15 – Schéma dans le plan sagittal du sens d’évolution de la résorption. Le sommet de la crête se déplace en hauteur et vers l’arrière au maxillaire. Le sommet de la tubérosité migre vers l’avant. À la mandibule, le sommet de la crête s’abaisse.
Schéma de la résorption dans le plan frontal. Elle est centripète au maxillaire et centrifuge à la mandibule dans la région postérieure.
fig. 16 – Schéma de la résorption dans le plan frontal. Elle est centripète au maxillaire et centrifuge à la mandibule dans la région postérieure.
Prothèse maxillaire avec des bords épaissis. Les dents sont montées en dehors de la crête résiduelle.
fig. 17 – Prothèse maxillaire avec des bords épaissis. Les dents sont montées en dehors de la crête résiduelle.
Obtention d'un montage en normocclusion.
fig. 18 – Obtention d’un montage en normocclusion.
Empreinte primaire avec un porte-empreinte surdimensionné.
fig. 19 – Empreinte primaire avec un porte-empreinte surdimensionné.
Modèle primaire. PEI à bords épaissis.
fig. 20 – Modèle primaire. PEI à bords épaissis.
Le PEI maxillaire est alors réalisé suivant les données de ce dernier ainsi que celles issues de l’observation clinique. Il comporte un bourrelet préfigurant l’arcade dentoalvéolaire, situé bien en dehors du sommet de la crête édentée, dans la position approximative que les dents naturelles devaient occuper. Dans cette situation clinique, le palais est souvent plat et le voile s’étend en arrière dans son prolongement. Le relief des tubérosités est effacé et leur sommet se trouve dans une situation plus antérieure qu’en absence de résorption, (fig. 15). Cela fait situer la limite postérieure du PEI plus en arrière que la limite classiquement définie sans toutefois interférer avec les crochets des ailes médiales des apophyses ptérygoïdes, En effet, la faible amplitude de flexion du voile, dans ce cas, autorise d’étendre en arrière la surface destinée au joint postérieur (4 à 5 mm en arrière de la ligne joignant les milieux des replis déterminés par les ligaments ptérygo-mandibulaires), ce qui améliore notablement sustentation et rétention. À la mandibule, quelle que soit l’importance de la résorption, le bourrelet est situé dans l’aire de Pound et répond presque toujours aux critères du PEI standard déjà évoqués. Quel que soit le degré de résorption, certaines situations cliniques ou technologies d’empreinte peuvent indiquer d’autres types de PEI qui doivent être partiellement ou totalement espacés.

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Thierry supplie

Par : Thierry Supplie

Prothésiste de R. DEVIN. Réalisation des prothèses totales pour le service de prothèse complète de Paris VII - Hôpital Albert Chenevier à Créteil. Assistant en prothèse totale au sein de la Faculté Dentaire de Garancière Paris V dans le service du Professeur LEJOYEUX – dirigé par le Professeur Roger GOUMY. Réalisations de travaux de prothèses pour la Pitié Salpêtrière pour des patients après chirurgie tumorales. Correcteur d’examen BTM pour la Chambre des Métiers de Paris. Rédaction du Référentiel Qualité de l’UNPPD Conférence à la Faculté Dentaire de Moscou avec le concours de la CCIP et la participation de Hugues BORY Conférence durant le congrès dentaire Dentiste Expo 2019 au palais des expositions porte de Versailles. Formateur DPC avec mise en place de formations.

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